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mardi 6 novembre 2012

Baby-sitting de l'économie

Repost du 10/01/2012 13h29

Les banques centrales sont depuis de nombreuses années au cœur de l’actualité financière et économique. Depuis la crise de 2008, elles sont l’objet de l’attention de tout un chacun.
Alors que Mario Draghi a récemment remplacé Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque Centrale Européenne (BCE), petit coup de projecteur sur le rôle un peu particulier de cette institution dans notre vie de tous les jours.


La planche à billet

En première approximation, une banque centrale est en charge du monopole de l’Etat sur l’argent, de même façon que l’Etat a le monopole sur la sécurité (la force légitime) via la police. De façon simplifiée, cela leur donne une fonction stabilisatrice de l’économie, en particulier sur l’inflation et sur le PIB. Dans certains cas, particulièrement pour les banques de pays émergents, dont la monnaie n’est pas un pilier du système monétaire international comme le dollar ou l’euro, elles ont un rôle de contrôle des réserve de change (et donc du taux de change).

Elles ont aussi une fonction bancaire, comme leur nom l’indique, et sont pour ainsi dire les banques des banques. En particulier, c’est pour cela que le Federal Reserve System américain a été fondé en 1913, pour éviter une nouvelle panique comme celle de 1907 où un (très riche) particulier, John Pierpont Morgan (fondateur de la banque éponyme) a renfloué à lui tout seul le système. Il faut voir que les échelles aussi ont changé: Warren Buffett n’a fait qu’injecter une fraction des besoins en capital d’une seule banque, Goldman Sachs, lors de la chute de Lehman Brothers en 2008.

Cible mouvante

Les techniques utilisées pour contrôler la politique monétaire sont en constante évolution. Depuis une quinzaine d’années, les banques centrales fonctionnent en ciblant l’inflation. Aux Etats-Unis, la cible officieuse serait de 2%, tandis qu’au Royaume-Uni, le gouverneur de la Bank of England doit écrire une lettre au Chancellor (ministre des finances) dès que l’inflation dépasse le seuil des 3%. Pour mener à bien leur objectif, elles influent principalement sur le taux d’intérêt à très court terme: de façon simplifiée, lorsque les taux d’intérêts montent, les agents économiques (entreprises et individus) empruntent moins, épargnent plus et par voie de conséquence consomment moins, ce qui atténue la pression sur les prix. La règle de Taylor (du nom d’un économiste de Stanford) permet de représenter la fonction de réaction d’une banque centrale aux différents paramètres macroéconomiques.

Keynes et les baby-sitters

Une des illustrations les plus éclairantes de la fonction d’une banque centrale est tirée de l’expérience réelle d’une coopérative de baby-sitting parmi des fonctionnaires de Washington, décrite par Paul Krugman dans son livre The Accidental Theorist. Cet exemple est développé en slide share ci-dessous.
  


Lords of finance

Mais les banques centrales restent des institutions auxquelles le grand public a un accès très restreint: la première conférence de presse d’un président de la Fed date d’avril 2011 et encore aujourd’hui, pratiquement aucune banque centrale ne publie de comptes-rendus des réunions concernant le choix du taux directeur. Ceci est d’autant plus important que leurs statuts leurs garantissent l’indépendance du pouvoir exécutif, au même titre que la justice et le législatif, ce qui permet d’éviter des problèmes tels que ceux observés au Zimbabwe récemment. Mais bien sûr le risque qu’encourt un tel système est de voir des technocrates dissociés du reste de la population prendre des décisions au nom de tous. D’autant que les banquiers centraux ne sont pas à l’abri d’erreurs, comme celles qui ont été faites dans les années 30. Il faut donc espérer que les recettes sont les bonnes aujourd’hui !

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